Semaine 10

Chapitre 8 (p. 243-282)

À cause de la teneur de ce chapitre, cette page est divisée en deux sections pour couvrir la matière.

* p. 251 : Notez qu’une erreur s’est glissée dans la seconde équation où l’on devrait lire 300 et non 350. Cela ne change pas la valeur de la réponse, ni l’interprétation.

Rappel du travail noté

Rappelez-vous qu’à cette étape, vous devez aussi travailler sur votre travail noté. Fiez-vous à la feuille de route pour savoir à quelle étape vous devriez être rendu.

Dans la première partie, vous apprendrez spécifiquement les principaux types d’échelles de mesure et vous verrez dans la seconde les critères et les indices dont on doit tenir compte pour évaluer le niveau de fidélité et de validité des tests psychologiques.

Section 1 (p. 243-263)

La mesure est l’ensemble des opérations empiriques, effectuées à l’aide d’un ou de plusieurs instruments de mise en forme de l’information, qui permet de classer un objet dans une catégorie selon une caractéristique donnée.Durand, Claire & Blais, André (1997). La mesure. In B. Gauthier (Éd.), Recherche sociale ­ de la problématique à la collecte des données. Sainte-Foy (Québec) : Presses de l’Université du Québec (3e éd.), pp. 149-184.

Tel que le mentionnent Vallerand, Guay et Blanchard, les méthodes de mesures verbales sont souvent utilisées pour mesurer les attitudes, les croyances, les motivations, les émotions et les besoins1. Comme on ne peut pas observer directement ces états internes, on les mesure de façon indirecte par les méthodes de mesure. Les échelles de mesure que vous verrez dans ce chapitre sont de type Thurstone, Guttman et Likert. Elles sont communément appelées les échelles d’attitude.

Une attitude représente un état mental et neuropsychologique de préparation à répondre, organisé à la suite de l’expérience et qui exerce une influence directrice ou dynamique sur la réponse de l’individu à tous les objets et à toutes les situations qui s’y rapportent.Traduction libre de Gordon W. Allport (1935). Lafrenaye, Yves. In Vallerand R. J. (Éd.) (1994). Les fondements de la psychologie sociale. Boucherville (Québec) : Gaëtan Morin Éditeur, page 331.

L’application du concept d’échelle de mesure fait appel à la connaissance de notions sur les statistiques. Ces aspects sont maintenant vérifiés à partir de logiciels informatiques. Dans ce cours, seule une compréhension générale de ces notions statistiques est exigées.

Activité d’apprentissage

Monter une échelle d’attitude de type Likert en suivant les étapes proposées2.

1.  Un objet bien délimité
Le nombre de thèmes pouvant être abordé sous forme d’échelles d’attitude est pratiquement infini. Comme une échelle d’attitude doit être unidimensionnelle, elle doit porter sur un objet bien délimité, par exemple : l’attitude face aux méthodes naturelles de contraception.

Une échelle de mesure est unidimensionnelle si elle mesure un seul objet d’attitude à la fois.

2.  La population cible
Il est important de bien déterminer à qui s’adressera le questionnaire. La formulation des énoncés doit être adaptée au niveau des connaissances et du vocabulaire familier de la population cible ou visée par l’étude.

3.  La formulation des énoncés

  • L’énoncé doit exprimer une opinion et non un fait.
  • L’énoncé doit être court, simplement exprimé et adapté au vocabulaire des gens.
  • L’énoncé doit exprimer une pensée complète.
  • L’énoncé doit être formulé d’une façon active qui implique une prise de position personnelle.
  • L’objet d’attitude mesuré doit constituer le sujet de l’énoncé.

Pour une première ébauche, utilisez la méthode du remue-méninges. Écrivez deux fois plus d’énoncés que le nombre souhaité dans la version finale. Pour faire une sélection de vos énoncés, faites vérifier votre liste par d’autres personnes qui pourront jouer le rôle de juges. C’est ce qu’on appelle la validité de contenu qui sera abordé dans la seconde section. Avant de faire la sélection finale, il y a normalement passation de l’échelle auprès d’un nombre suffisant de sujets, suivi d’un traitement statistique des données pour évaluer la pertinence des différents énoncés. Dans le cas présent, sélectionnez ceux qui répondent le mieux aux critères identifiés plus haut et qui auront eu l’assentiment des personnes consultées.

4.  Choix relié au type d’échelle
Le choix du type d’échelle et du nombre de catégories (entre 5 et 7) dépend de l’objectif de l’analyse, de la population impliquée et des préférences de la personne qui dirige la recherche.

Voici un exemple

Exemple d’une échelle sur l’attitude à l’égard des méthodes naturelles de contraception3

ÉNONCÉS ÉCHELLE
Tout à fait en désaccord En désaccord Neutre D’accord Tout à fait en accord
  1. Les méthodes naturelles sont risquées parce que leur taux d’efficacité est bas.
  1. Elles ne diminuent pas le désir sexuel.
  1. Elles ne provoquent aucun inconvénient psychologique.
  1. Elles contraignent la liberté de la femme dans sa vie sexuelle.
  1. Elles favorisent la prise de responsabilité du couple face à la contraception.
  1. Elles sont démodées et ne répondent plus aux besoins des femmes actives.
  1. Elles sont utilisables sans aucune intervention d’un médecin.
  1. Leur utilisation stricte est complexe (calculs, etc.)

Maintenant à votre tour


Section 2 (p. 263-282)

Dans cette partie, on traitera particulièrement de la fidélité et de la validité des tests psychologiques. Ces notions sont très importantes pour assurer la crédibilité de la mesure utilisée.

La fidélité a trait à la précision d’un instrument de mesure, alors que la validité porte sur le contenu mesuré par l’instrument. En ce sens, le critère de validité est plus englobant.

L’exemple du thermomètre permet de bien expliquer le concept de la fidélité de la mesure. Pour ce qui est de la validité, on considère qu’un indicateur est valide lorsqu’il représente adéquatement un concept. L’indicateur  mesure-t-il vraiment ce qu’il est supposé mesurer?

« La température est mesurée à l’aide d’un thermomètre. On dira de cet instrument qu’il est fidèle si la température indiquée, à chaleur constante, est toujours la même. Si l’on répète l’opération, à température constante, le résultat de la mesure donnée par le thermomètre ­ doit être identique. En d’autres termes, le thermomètre ne doit pas être affecté par d’autres facteurs, comme les variables de pression atmosphérique et l’endroit où il est placé. »

Durand, Claire & Blais, André (1997). La mesure. In B. Gauthier (Éd.), Recherche sociale ­ de la problématique à la collecte des données. Sainte-Foy (Québec) : Presses de l’Université du Québec (3e éd.), p. 170.

Voici un exemple pour mieux saisir le concept de validité.

« Supposons qu’un chercheur ou une chercheure veut mesurer le niveau de bonheur des gens et qu’il choisit comme indicateur la fréquence du sourire dans une population donnée à l’aide d’observation directe. Il pourrait élaborer une grille d’observation précise, tester la fidélité et même s’assurer que les observateurs seront pratiquement invisibles. Même si toutes les conditions étaient satisfaites, il ne pourrait prétendre hors de tout doute que son indicateur est valide. Reste la question fondamentale à savoir si le sourire fait à un moment donné, dans des circonstances précises, est vraiment un signe de bonheur. S’il choisit plutôt de demander aux gens jusqu’à quel point ils se sentent heureux, il doit aussi présumer que leurs réponses reflètent véritablement leur sentiment. »

Durand, Claire & Blais, André (1997). La mesure. In B. Gauthier (Éd.), Recherche sociale ­ de la problématique à la collecte des données. Sainte-Foy (Québec) : Presses de l’Université du Québec (3e éd.),

Activités d’apprentissage

La présente activité d’apprentissage concerne la fidélité et la validité. Des énoncés
vous seront présentés et vous aurez à déterminer s’ils sont vrais ou faux.

Dont voici quelques exemples :

VRAI FAUX
  1. La fidélité de la mesure réfère au degré de correspondance entre ce qui est observé ou mesuré et ce qu’un chercheur ou une chercheure voulait véritablement étudier.
  1. La validité de construit révèle à quel point le test permet de bien mesurer le construit tel qu’il est défini par son cadre théorique spécifique.
  1. La validité des tests psychologiques fait référence à la précision de l’instrument, peu importe ce qu’il mesure

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  1. Vallerand, R.J., Guay, F. & Blanchard, C. (2000). Les méthodes de mesure verbale en psychologie.
    In R. J. Vallerand & U. Hess (Éds.), Méthodes de recherche en psychologie. Boucherville (Québec) : Gaëtan Morin Éditeur, p. 243.
  2. Bordeleau, Yvan (1997). Méthodes d’analyse et d’intervention en milieu organisationnel (2e éd.).
    Montréal (Québec) : Éditons Nouvelles, p. 165.
  3. Mayer, Robert & Ouellet, Francine (1991). Méthodologie de recherche pour les intervenants sociaux. Boucherville (Québec) : Gaëtan Morin Éditeur, p. 373.